Oh ! N'insultez jamais une femme qui tombe !

Eunice Barber: "Oh ! n'insultez jamais une femme qui tombe !"

Publié le 28/03/2006 (grio.com)

Le traitement inhumain et ubuesque infligé à Eunice Barber par une meute de policiers négrophobes m’a littéralement bouleversé, L’agression lamentable, pitoyable, éhontée dont a été victime Eunice Barber m’a ému jusqu’aux larmes, lorsque je découvris son récit poignant dans le quotidien L’Equipe. Les clichés saisissants d’une Barber maîtrisée au sol par une horde d’une dizaine de policiers effarouchés m’ont viscéralement scandalisé. Cette anglophone qui ne maitrise pas bien la langue de Voltaire a été molestée, humiliée parce qu’elle n’a pas obtempéré à une injonction d’un policier.

Cette femme noire qui a donné des médailles à la France sa patrie d’adoption a été humiliée sans que cela n’émeuve les pseudos associations noires de la place, (Le CRAN si prompt par suivisme à condamner les supposés dérapages de Dieudonné n’a à aucun moment condamné les exactions de ces policiers) sans que cela n’émeuve les politiques, sans que cela n’émeuve les personnalités emblématiques noires de France et de Navarre. Calixte Béyala si prompte à déverser son venin sur Dieudonné (toujours par suivisme) n’a pas condamné les exactions de ces policiers sans foi, ni loi.

Cette humiliation malheureuse d’Eunice me rappelle celle du célèbre avocat antillais Maître Alex Ursulet victime lui aussi du tabassage en règle des forces de l’ordre. Son histoire poignante est magnifiquement contée dans son ouvrage « Pourquoi me tutoyez –Vous »

Comment voulez-vous que les noirs acquièrent une respectabilité s’ils ne sont pas capables de se défendre ou de défendre les leurs? Nous sommes passés maîtres dans l’art de la victimisation et de la jérémiade. Je vous en conjure notre inaction et notre immobilisme nous conduiront dans les profondeurs abyssales de la désolation. A quoi est dû cet immobilisme ? Peut-être à la peur du gendarme héritée de nos pays africains où les manifestations dans les rues sont interdites ?
Je vous concède que les manifestations publiques en Afrique notamment contre le gourverment en place sont violemment réprimées. Je vous concède encore que les revendications en Afrique sont rarement prises en compte. Mais nous ne sommes pas en Afrique, nous sommes en France, ce qui implique que nous avons le droit de manifester notre indignation dans les rues de France.

Nous avons le droit de faire entendre notre réprobation à Monsieur Sarkozy, oui nous avons le droit de lui dire que la racaille ne se compte pas seulement dans les rangs des jeunes, elle se compte aussi dans les rangs des policiers. Voltaire qui s’est beaucoup battu pour la liberté d’expression affirmait : « Je désapprouve ce que vous dites, mais je défendrai jusqu’à la mort votre droit de le dire »

Nous devons dire stop aux exactions d’une faction de policiers. Sans faire dans la concurrence victimaire, je dirais que si une athlète juive avait subi le même sort qu’ Eunice Barber la communauté juive aurait donné un large écho à cette affaire.

« Oh ! n'insultez jamais une femme qui tombe ! Qui sait sous quel fardeau la pauvre âme succombe !... », de grâce Monsieur le ministre de l’intérieur enseignez ces vers de Victor Hugo à ces policiers qui ont copieusement invectivé Eunice, après l’avoir plaquée au sol, en lui rappelant ses origines africaines.

Apprenez leur ces vers, on ne traite pas un être humain de la sorte encore moins une femme, Vos policiers Monsieur le ministre ont fait montre d’une grande bêtise, d’une bêtise au front de taureau pour reprendre la métaphore Baudelairienne. 
Source : Grio.com
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