La déception d'Eunice Barber

Eunice Barber n'est pas parvenue à se qualifier pour les JO lors des Championnats de France à Albi.

C'était la dernière journée pour espérer décrocher son billet pour Pékin et la quintuple médaillée des Mondiaux d'athlétisme a échoué. Avec un saut à 6,60 m, Eunice Barber manquait les minimas de 18 centimètres. Romain Mesnil avec une barre à 5,71 m et Ladji Doucouré, crédité de 13 sec 28 sur les haies hautes ont, eux assuré.

Pas de JO pour Barber, ni pour Lamalle

Eunice Barber, quintuple médaillée mondiale à l’heptathlon et la longueur, a échoué à 18 cm des minima pour les jeux Olympiques, avec un meilleur essai à 6,60 m et n’ira donc pas Pékin. Opérée du genou droit en septembre dernier, Barber, 33 ans, n’a jamais réussi à retrouver son niveau antérieur. Sa meilleure performance avant de venir à Albi était de 6,38 m, très loin de son record de France (7,05 m). "L’essentiel, c’était de tout donner. Il y a encore quelques semaines, je n’étais pas capable de sauter. Je suis seulement déçue pour les fans, ceux qui me soutiennent, a expliqué Barber, qui s’entraîne depuis plusieurs années aux Etats-Unis. Après Monaco (mardi 29 juillet) où je sauterai détendue, je vais peut-être retourner aux Etats-Unis". Malgré ce revers, la retraite ne semble toujours pas au programme pour Eunice Barber : «Je continue parce que j'ai encore envie de faire deux ou trois choses. Je veux me faire plaisir, sans obligations, a-t-elle expliqué. Globalement, je ne suis pas déçue. Le sport, ça passe ou ça casse. À 33 ans, on relativise. J'ai déjà fait les Jeux quatre fois.» La finale de la longueur était finalement remportée par Antoinette Nana Djimou-Ida, auteur d'un bond à 6,61m (+3,3 m/s) sur son dernier essai. Autres déçue de la journée, Adrianna Lamalle. La hurdleuse a heurté une haie à l'échauffement et souffre des ligaments croisés d'un genou. Une blessure qui voit ses rêves de JO réduits à néant.

Cette dernière journée des championnats de France d'athlétisme n'a heureusement pas fait que des malheureux. Ladji Doucouré a en effet amélioré de quatre centièmes son meilleur chrono de la saison(13"33 avec 1,4 m/s de vent favorable) en demi-finale du 110 mhaies aux Championnats de France d'athlétisme, samedi à Albi. Le champion du monde du 110 m haies avait établi son ancien meilleur chrono (13"37) à Paris/Saint-Denis le 18 juillet et en séries des Championnats de France vendredi. Bien parti, il a ensuite réussi une course propre techniquement, tout en donnant l'impression de contrôler sur les dernières haies.A la perche, Romain mesnil, déjà présélectionné pour les Jeux, s'est imposé en finale grâce à un saut à 5,71 m à son deuxième essai. Un signe de bonne forme encourageant à deux semaines de l'échéance olympique. De son côté, Ronald Pognon, a largement dominé la finale du 200m avec un chrono de 20''45 devant David Alerte et Eddy de Lépine. Un temps toutefois insuffisant par rapports aux minima (20''33). Chez les femmes, Muriel Hurtis a survolé la finale du 200m en 22''77 mais la médaillée de bronze en 2003 avait fait l'esprit tranquille : elle avait déjà été présélectionnée au titre de ses performances de la saison passée. Enfin, la finale du 100m a vu la victoire de Reina-Flor Okori, devant Patricia Girard. Avec un temps de 12''78, Okori empoche son billet pour Pékin.

Djhone et Mbandjock assurent

Leslie Djhone, qui visait "au moins les minima" pour les jeux Olympiques (45"22) en finale du 400 m, a atteint son objectif en s'imposant en 45"13. Djhone améliore par la même occasion de 22 centièmes son meilleur chrono de la saison (45"35) établi le 12 juillet à Bruxelles et grimpe à la 13e place des bilans mondiaux à trois athlètes par pays. "Le contrat est rempli, même si je pensais pouvoir faire mieux, mais le vent était très capricieux et j'ai surtout été déstabilisé par une grosse rafale dans le deuxième virage", a déclaré l'élève de François Pépin. "C'est un peu comme l'an dernier. C'était un point de passage où je voulais faire un chrono respectable. J'ai totalement confiance en mon entraîneur. Il me prépare pour les Jeux. Il m'avait dit que je ferais les minima aux +France+, c'est fait."

Martial Mbandjock a lui aussi réussi les minima pour Pékin en remportant la finale du 100 m en 10"06 (vent favorable: 1,7 m/s), à Albi. Le chrono de Mbandjock constitue la meilleure performance française cette saison et lui permet de grimper à la 3e place de la hiérarchie française de tous les temps, derrière Pognon (9.99) et Daniel Sangouma (10.02). "Ca fait longtemps que j'aurais dû faire les minima. Mais les conditions climatiques n'avaient pas été favorables jusqu'à présent. Aujourd'hui, quand j'ai entendu le rappel du starter après le premier faux départ, je me suis dit +pas de bol+", a commenté Mbandjock, âgé de 22 ans. "J'étais arrivé ici sans de super sensations, un peu fatigué par les séances d'entraînement à l'INSEP. Alors je me suis concentré sur la technique. Je sais que je ne suis pas loin d'être sous la barre des 10 secondes", a ajouté Mbandjock, qui a rejoint le Paris-Racing l'automne dernier après les Mondiaux d'Osaka.

Niaré a son ticket, Diniz tient la forme

Le directeur technique national Franck Chevallier a fini par valider vendredi les minima pour les jeux Olympiques réussis au poids par Yves Niaré le 25 juin à Maisons-Laffitte (20,49 m), dont il contestait jusque-là la valeur car il s'agissait d'un concours départemental. "Il n'y a pas de souci", a déclaré le DTN aux journalistes. "Nulle part ce n'est écrit dans les modalités de sélection" qu'il faut réussir ces minima dans un concours national ou international, a-t-il reconnu. "On était juste un peu excédés qu'il aille lancer dans un meeting départemental, au lieu d'affronter les meilleurs mondiaux", a précisé Chevallier. Niaré, champion de France vendredi avec un jet à 20,02 m, est donc officiellement le 15e athlète non présélectionné à avoir réussi les minima pour Pékin.

Déjà qualifiés sur 100 m, Christine Arron et Pognon ont connu des fortunes diverses en séries du demi-tour de piste. La Guadeloupéenne, loin des minima (23"44 contre 22"72), a préféré renoncer à doubler, alors que le Martiniquais s'est baladé dans sa course. Le marcheur Yohann Diniz, redescendu de Font-Romeu pour un dernier test avant les J0, s'est baladé sur 20 km. Il a reçu l'hommage des décathloniens dans l'attente de leur dernière épreuve, le 1500 m. "C'était une bonne préparation. Ca s'est très bien passé et je ne suis pas fatigué", a conclu le Champenois.

Muriel Hurtis-Houairi a largement dominé Christine Arron en séries du 200 m. Elle s'est imposée en 22"80 (vent favorable: 2,7 m/s) contre 23"44 pour Arron. "J'ai fait 23"44, donc je ne vais pas courir demain", a confié Arron qui ne s'est donc pas qualifiée sur 200 m aux jeux Olympiques. Par ailleurs, Marion Buisson a réussi les minima à la perche, au centimètre près, en franchissant 4,50 m.

Teresa Mzola s'impose sans trembler

Côte messieurs, et en l'absence de Ronald Pognon déjà qualifié sur la ligne droite et en chasse des minima sur 200 m, Martial Mbandjock est resté à 20/100 du chrono requis pour voir Pékin (10.33 contre 10.13). Mais le résultat est trompeur. Face à un vent de 0,9 m/s, le Nordiste en a gardé, avec la manière, sous la semelle. Leslie Djhone n'a pas non plus réussi un chrono exceptionnel (46.23) au 400 m. Mais il vise "au moins les minima" (45.22) olympiques en finale samedi, sans y être astreint. "Ca me rassurerait et validerait ce que je fais à l'entraînement", a souligné Djhone, 5e des Mondiaux-2007 à Osaka et détenteur du record de France (44.46).

En réalisant le meilleur chrono dès la 1re série (45.84), Brice Panel a tenu à motiver ses partenaires du relais 4x400 m. "L'objectif est d'avoir un bon relais à Pékin. En tendant chacun vers les minima, avec le 4e autour de 45 sec 60, on peut présenter quelque chose de bien aux Jeux, a souligné l'étudiant-ingénieur. Et puis j'ai voulu adresser un encouragement à Teddy (Venel), qui est blessé. On a besoin de lui". Grâce à un dernier tour en 58 secondes, le champion d'Europe espoirs Nouredine Smail a pris date pour l'avenir en gagnant le 5000 m devant Moktar Benhari.

Le triple saut dames a couronné sans surprise Teresa Mzola Meso, avec un meilleur essai à 14,20 m. "J'ai mordu beaucoup de sauts (les trois derniers) car, après ma tendinite, j'ai perdu un peu mes repères", a expliqué la Lyonnaise. Qui a pu vérifier le fossé la séparant encore du très haut niveau représenté par la championne olympique camerounaise Françoise Mbango Etone, victorieuse avec un 14,82 m trop venté.

Arron déplore un manque d'encadrement médical

Jeudi, la Guadeloupéenne a réalisé son meilleur temps de la saison en 11"21 lors des séries du 100 m. Arron a progressé par rapport aux 11"34 qu'elle avait fait afficher les 2 et 13 juillet, respectivement à Strasbourg et à Tanger (Maroc). Cette dernière n'est pas tenue, en raison de son statut d'athlète protégée, de réaliser les minima (11.19). "Mais ça ne sert à rien d'aller aux Jeux en ayant fait 11 sec 34, sauf pour faire du tourisme", a-t-elle rappelé. "Là au moins je progresse, a-t-elle ajouté. C'est mieux, mais ce n'est pas encore extraordinaire. J'espère courir plus vite en demi-finale (vendredi). En revanche, je ne pense pas faire la finale, car je compte m'aligner en série du 200 m pour décrocher ma qualification."

Christine Arron, qui attribue sa fatigue persistante à une "intolérance alimentaire" découverte lors d'analyses demandées par son médecin personnel, a estimé que les athlètes n'étaient "pas assez bien encadrés" par la Fédération française sur le plan médical. "C'est sûr que nous ne sommes pas assez bien encadrés", a déclaré la double médaillée mondiale en 2005 après sa série du 100 m. "C'est tout un système qui est en cause. Si je n'avais pas fait d'analyses sur mon intolérance alimentaire, je n'aurais pas su ce que j'avais, j'aurais continué à m'empoisonner et je n'aurais pas retrouvé la forme. Personne ne m'a aidé à trouver. Je l'ai trouvé toute seule."

"On nous fait un suivi longitudinal, plus pour voir si on est dopé ou pas, mais s'il y a un problème de santé, on ne le voit pas et si on ne se débrouille pas pour trouver la solution, on est dans la m...", a-t-elle ajouté. "Personnellement, j'ai toujours essayé d'être suivie hors de la Fédération depuis des années, car s'il fallait que j'attende le suivi fédéral pour avancer sur certaines choses, ce serait dommage." Ces déclarations surviennent alors que le médecin fédéral Philippe Deymié a indiqué qu'il n'irait pas aux jeux Olympiques après avoir été critiqué par d'autres athlètes. Ladji Doucouré, dans son autobiographie, Vanessa Boslak et Ronald Pognon dans la presse, avaient pointé du doigt des erreurs de diagnostic.

"La FFA tient à réaffirmer tout son soutien à Philippe Deymié, médecin des équipes de France depuis 2001", a précisé la Fédération française d'athlétisme dans un communiqué. "En aucune manière, il ne peut être considéré comme le médecin traitant des athlètes, sauf s'ils le souhaitent à titre individuel. Son rôle est en revanche d'assurer la coordination des différentes expertises médicales." "C'est un problème personnel," a estimé le président de la FFA Bernard Amsalem. "Il a été meurtri par certains propos. Il a d'ailleurs décidé de démissionner à la rentrée. Il sera remplacé à Pékin par Frédéric Depiesse, président de la commission médicale de la Fédération."

Résultats championnats de France Elite à Albi du 24 au 26 juillet 2008
Longueur:
1. Antoinette Nana Djimou Ida (Montreuil) 6,61 m (vf 3,3 m/s)
2. Eunice Barber (Reims) 6,60 (vf 2,1 m/s)
3. Lauranne Osse (Essonne Athletic) 6,48 (vf 4,1 m/s)

Crédit photo : © AFP / Eric Cabanis

Source : France 3
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